Dossier Microsoft 2009 - Windows 7 (2), à la reconquête du terrain perdu (première partie)

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Publié le : 17/04/2009 vers 8h par :
Gilles SALOMON

Ce premier volet consacré au poste de travail a pour objet de faire un bilan de la position de Microsoft sur ce marché.

Même si Windows (avec une part de marché mondiale supérieure à 90 %) continue à dominer de la tête et des épaules le segment des systèmes d'exploitation pour ordinateurs personnels, les signes d'un effritement de cette position se sont multipliés ces deux dernières années.

La déconvenue de Vista : Le premier coup de butoir émane de l'éditeur lui-même. Microsoft porte en effet l'essentiel de la responsabilité de l'échec de Vista et des dommages collatéraux qui s'en sont suivis.

Sans vouloir revenir trop longuement sur un phénomène déjà largement analysé, rappelons que Microsoft, après cinq ans de développement, a introduit à la fin 2006 une version de Windows destinée à succéder à Windows XP.

Le problème étant que cette version n'avait en fait qu'un peu plus de deux ans de développement (Microsoft ayant été contraint de reprendre à zéro le développement en 2003) et qu'elle a été lancée aux forceps, essentiellement pour satisfaire ses clients grands comptes ayant souscrit un contrat de maintenance ( la SA dont il sera à nouveau question plus loin ) et souhaitant bénéficier d'une nouvelle version de Windows pour justifier leur investissement.

Cette version insuffisamment testée, non optimisée, introduite sans que l'écosystème de support (fabricants de périphériques et éditeurs d'applications) ne soit prêt a logiquement été gratifiée d'une fin de non recevoir de la part d'une majorité d'entreprises, le grand public n'ayant pas trop le choix en dehors de l'abandon de Windows pour se reporter sur Apple et dans une moindre mesure sur Linux.

L'opportunisme d'Apple : Le deuxième coup de butoir vient d'Apple qui a sauté sur l'occasion pour « ringardiser » Vista et le monde du PC en général avec une série de vidéos mettant en scène deux archétypes d'utilisateurs : le tâcheron qui peine à faire tourner son PC et le personnage cool et décontracté qui jouit d'une machine qui « just works ».

Ces clips caricaturaux, souvent à la limite de la mauvaise foi, ont néanmoins permis à Apple d'occuper le terrain en profitant du silence assourdissant de Microsoft resté sans réaction pendant 18 mois. Cette campagne a permis de positionner le Mac comme l'alternative branchée au PC vieillissant et discrédité par les problèmes de Vista.

Le phénomène Netbook : Le troisième assaut découle du caractère inopiné et massif du phénomène Netbook. Même si Microsoft dispose désormais de 90 % de parts de marché sur cette catégorie de machines, Linux n'étant plus pré installé que sur environ 10 % des machines, l'éditeur a dû maintenir Windows XP en survie artificielle pour adresser ce segment, ce qui impacte ses marges comme on l'a vu dans les résultats financiers de la fin de l'année 2008.

Le danger à moyen terme, sur ce marché dont l'importance ne cesse de croître, réside dans l'entrée possible d'Apple avec son propre Netbook ainsi que sur les velléités d'indépendance que caressent les « partenaires » OEM de Microsoft qui apprécieraient de gagner en autonomie, sans oublier de regonfler leurs marges, en supportant un système d'exploitation alternatif qui puisse rencontrer les faveurs du grand public, ce que les différentes distributions de Linux n'ont pas réussi à faire jusqu'ici.

Quel système alternatif ? Il existe déjà un dérivé d'Unix qui a s'imposer auprès des utilisateurs : Mac OS X. Il existe une autre variante de Linux qui a le vent en poupe sur le marché des Smartphones : Android de Google.

Android est un environnement conçu pour s'exécuter, non pas sur une plateforme x86 telle que le processeur Atom d'Intel, mais sur les processeurs ARM qui équipent les Smartphones en étant moins consommateurs d'énergie, en conférant une autonomie plus importante et en coûtant significativement mois cher que les processeurs d'Intel.

Même si Android a été hacké pour tourner sur un x86, la véritable opportunité résiderait pour Google dans l'introduction d'une nouvelle génération de Netbook basés sur un moteur ARM et des composants de Qualcomm, un acteur important du marché de la téléphonie; marché qui est justement en train  de converger vers celui des netbooks.

Il reste à voir si ces rumeurs se concrétiseront mais on prête à HP et Asus le projet de mettre sur le marché des Netbook basés sur le dérivé Linux de Google. Dans l'hypothèse où ces Netbooks dont les prix sont attendus aux alentours de 200 $ deviendraient populaires, Microsoft n'aurait que Windows CE à proposer sur ces machines, ce qui le mettrait dans une situation difficile.

Une riposte préparée de longue date : Face à ces menaces d'encerclement, comment la citadelle du PC, tenue par Microsoft depuis plus de 20 ans, peut elle résister ? La réponse tient en un mot et un chiffre : Windows 7.

Même si l'éditeur (et notamment son patron Steve Ballmer) peut donner l'impression d'être déconnecté du marché en s'obstinant envers et malgré tout à défendre Vista dont l'impopularité atteint des records, les dirigeants de la compagnie ont su analyser les raisons de ce fiasco et ont mis en œuvre, dès le lancement de Vista, les actions correctives nécessaires.

Avant même le lancement en Novembre 2006 de Vista, Microsoft avait annoncé le départ de Jim Allchin, le directeur de la division Windows, en nommant Steven Sinofsky, le directeur de la division Office, comme son successeur.

Sinofsky, réputé pour sa capacité à livrer ses projets dans les temps, a appliqué ses talents d'organisateur à réparer les insuffisances de Vista en travaillant méthodiquement depuis plus de deux ans à sa succession. Ce travail de l'ombre, à un moment où Microsoft était occupé à essayer de convaincre ses clients d'adopter Vista, a débouché près de deux ans plus tard sur la première présentation de Windows 7 à l'occasion de la Professional Developer Conference qui s'est tenue en Octobre 2008.

Depuis s'en est suivie une première beta officielle ouverte à tous en Janvier 2009, la prochaine étape étant une RC (Release Candidate). Entre temps, différents « builds » ont fuité, le dernier en date (le build 7077) étant installable avec les mêmes clés d'activation que la beta I (build 7000).

Au-delà de la rhétorique officielle visant à soutenir Vista, les ressources marketing de Microsoft ont été réallouées en direction de Windows 7 comme on a pu le constater lors des TechDays ou les nombreuses sessions consacrées à Windows 7 faisaient salle comble.

Prenant conscience qu'il devenait contre productif de continuer à pousser Vista, Microsoft se met en ordre de marche pour lancer Windows 7 et ne cache plus sa préférence pour cette version comme le manifestait candidement Robbie Bach (directeur de la division Xbox, hardware et mobilité) lors d'un keynote qu'il donnait le 2 Avril : « Now when you think about Windows 7 itself, I'm very excited about this as a product. I use it myself. It's tremendously stable. It's faster. It's easier to use. My every day tasks have gotten much simpler."  Bel éloge funèbre pour Vista.

Windows 7, six éditions et deux marchés Reconquérir le grand public : Windows 7 sera proposé avec le même nombre d'éditions que Vista (six) mais le choix sera in fine simplifié pour le consommateur qui dans la majorité des cas verra son futur PC doté en standard de Windows 7 Home Premium, la version Home Basic étant réservée aux pays émergents.
- Windows 7 Starter
- Windows 7 Home Basic
- Windows 7 Home Premium
- Windows 7 Professional
- Windows 7 Enterprise
- Windows 7 Ultimate

Dans le cas où la machine de ce consommateur s'avèrerait être un Netbook, il est possible que cette version soit Windows 7 Starter qui limitera à trois le nombre d'applications dont l'exécution simultanée est autorisée, qui ne disposera pas d'Aero, ni de Media Center...

Cette version sévèrement bridée sera proposée à un prix attractif aux OEM de façon à ne pas trop s'éloigner du prix des configurations équivalentes sous Linux. Microsoft espère que de nombreux utilisateurs voudront mettre à jour la version starter vers la version Home Premium moyennant l'achat en ligne d'une clé permettant de débloquer des fonctionnalités déjà présentes sur la machine, mais désactivées.

Pour l'utilisateur final, Windows 7 devrait représenter une offre attractive en lui permettant enfin d'abandonner Windows XP pour un nouvel OS moderne, enrichi fonctionnellement, plus ergonomique et  plus sûr, sans avoir à pâtir des lenteurs et des problèmes d'incompatibilité qui ont plombé Vista.

Non pas qu'il n'existe pas de risques d'incompatibilité, le noyau et les modèles de drivers de Windows 7 étant les mêmes que pour Vista ; la différence résidant dans le fait que ces problèmes ont depuis été résolus avec l'arrivée de nouveaux drivers et d'applications réécrites pour prendre en compte le nouveau modèle de sécurité.

Ce qui frappe à l'usage quotidien de Windows 7, au-delà des gains de performances et de la fluidité du système comparé à Vista, c'est le soin apporté à une multitude de petites touches qui rendent l'expérience utilisateur gratifiante.

Les exemples sont nombreux qui vont de la nouvelle barre des tâches, des jump lists, du mode Aero peek en passant par des choses moins visibles comme les raccourcis clavier qui permettent de manipuler les fenêtres, de les maximiser, de placer deux applications en vis-à-vis pour pouvoir comparer deux versions de document et mon préféré, le raccourci permettant de faire passer une fenêtre d'un écran à un autre quand on a la chance de posséder deux moniteurs sur son PC.

Pour peu que les OEM fassent preuve d'un peu d'imagination, on devrait voir apparaître avec Windows 7 une nouvelle génération de portables qui tireront partie des fonctionnalités multi-touch du système et qui permettront une utilisation simple et intuitive de la machine dans des contextes où l'utilisation du clavier et de la souris ne sont pas les plus appropriés.

Que l'on pense à l'utilisation d'un Netbook, acheté pour 300 €, posé sur les genoux dans le métro et qui ne nécessite que quelques consignes gestuelles pour permettre à son possesseur de naviguer, de lire ses emails ou de regarder une vidéo et on aura une idée du potentiel de ce type de machine.

Windows 7 a le potentiel au minimum de ralentir la migration qui a vu de nombreux utilisateurs se tourner vers Mac OS, mais pourrait, pourquoi pas, ramener certains de ces nouveaux convertis vers leur environnement d'origine.

Dans un contexte où le pouvoir d'achat s'érode, choisir entre deux machines dont les spécifications sont comparables et où l'une d'entre elles coûte plusieurs centaines d'Euros que l'autre, risque de conduire beaucoup d'utilisateurs à ne plus se poser la question et à choisir Windows 7 dont les caractéristiques ne pâliront plus face à Mac OS.

C'est l'argument qu'a fait valoir Microsoft dans une publicité diffusée récemment aux Etats Unis et dont le message a provoqué l'ire (pour ne pas dire plus) des supporters d'Apple…  (Source IT Channel).

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