Dossier Microsoft 2009 - 2e Partie Windows 7, à la reconquête du terrain perdu : l'Entreprise (II)

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Publié le : 22/04/2009 vers 9h par :
Gilles SALOMON

Au delà de la reconquête d'une frange d'utilisateurs passés à Mac OS, le domaine dans lequel Windows 7 aura le plus d'impact est clairement celui de l'entreprise. 

Si Vista a récemment passé la barre des 30 % de parts de marché, le poids des entreprises ne représente qu'un petit dix pour cent, affichant un taux d'utilisation deux fois moins élevé que dans le grand public. C'est peu dire que de souligner combien la majorité des entreprises ont boudé Vista et qu'une proportion qui est allé croissante au cours du temps a décidé de passer directement de Windows XP à Windows 7.

Un environnement favorable à l'arrivée de Windows 7 : A la différence du contexte accompagnant l'arrivée de Vista fin 2006, la plupart des PC en service aujourd‘hui disposent des ressources matérielles suffisantes pour faire tourner convenablement Windows 7.

Il faut dire que nouvelle cette version a le bon goût (une première dans la longue histoire de Windows) de ne pas exiger de ressources matérielles plus importantes que son prédécesseur. Non seulement une machine capable de supporter Vista (et elles le sont désormais pour la plupart) sera en mesure de faire tourner Windows 7, mais ce dernier offrira un degré de performances plus élevé, une plus grande fluidité et une ergonomie supérieure comparé à Vista.

Depuis deux ans que Vista est sur le marché, les nombreux problèmes que ce système a rencontrés lors du lancement ont eu le temps d'être adressés et l'écosystème Windows sera fin prêt au moment du lancement de Windows 7.

Windows XP arrive en fin de vie, le support « principal » de ce système expirant en Avril de cette année, seuls les problèmes de sécurité seront adressés pour les entreprises et les particuliers qui ne bénéficient pas d‘un support étendu (mais payant), support étendu qui arrivera lui-même à expiration en 2014.

Il est grand temps pour de nombreuses entreprises de mettre à jour leur parc, ne serait ce que pour éviter d'avoir à encore formater les disques de leurs nouvelles machines à la seule fin d'installer une version de Windows qui approche les dix ans.
Si une migration  en masse des parcs de PC vers Windows 7 représente le scénario le plus vraisemblable, il est probable que peu de DSI aient réellement mesuré toutes les conséquences de cette migration.

Deux versions « au choix » : Windows 7 Professionnel et Windows 7 Entreprise : A l'instar de Vista et contrairement à Windows XP, Windows 7 pour l'entreprise sera disponible en deux versions : une version « Professionnelle » et une version « Enterprise ».
La première sera accessible à quiconque en OEM, la seconde nécessitera la souscription de la software assurance  sur le poste de travail, c'est-à-dire le règlement d'une redevance annuelle dont le montant varie avec le type de contrat et le volume de postes concernés.

Pourquoi il sera difficile d'échapper à la version Enterprise de Windows 7 : Comme rappelé ci-dessus, Microsoft avait introduit avec le lancement de Vista une version « Entreprise » qui ajoutait une nouvelle référence destinée aux grandes sociétés, là où Windows XP se contentait d'une unique version « Professionnelle ».

Contrairement à Vista Professionnel, Vista Entreprise est réservée aux seules entreprises ayant souscrit un contrat de maintenance pour les postes de travail concernés.
Cette version Entreprise de Vista comprend un certain nombre de fonctionnalités additionnelles, plus ou moins utiles suivant les sociétés, comme le pack multi-langues, le droit de faire tourner jusqu'à quatre instances de Windows dans des machines virtuelles et surtout BitLocker, un service permettant de chiffrer les données du disque dur en évitant qu'un portable perdu ou volé ne donne accès aux données confidentielles qui peuvent y être stockées.

Au-delà de ces fonctionnalités additionnelles, ce contrat de maintenance, plus connu sous le nom de SA, apporte des droits supplémentaires comme le droit de downgrader la version de Windows installée au-delà de la version précédente (pour faire tourner Windows 2000 au lieu de Vista par exemple) mais surtout la SA représente le seul moyen de pouvoir licencier une offre appelée MDOP (Microsoft Optimization Desktop Pack).

Le MDOP de Vista incluait plusieurs composants destinés à faciliter la gestion de parcs importants de PC. L'application phare de MDOP était App-V (ex SoftGrid), un outil permettant de déployer une application sans devoir l'installer au sens traditionnel du terme. App-V permet également d'isoler l'exécution d'une application du reste des programmes s'exécutant sur la machine, de façon à supprimer les problèmes d'incompatibilité applicative.

App-V et BitLocker représentaient les deux raisons principales qui pouvaient pousser une entreprise à souscrire à la SA, en dehors bien sûr des entreprises qui avaient l'intention de mettre à jour régulièrement la version de Windows de leurs postes de travail.

Pour Microsoft, l'objectif recherché est de faire croître la proportion des licences Windows qui sont assujetties à un contrat de maintenance, à l'instar de ce qu'il a réussi à réaliser avec son offre serveur et dans une moindre mesure avec Office.

Compte tenu de l'échec de Vista sur le segment des entreprises, le succès de cette stratégie a jusqu'ici a été difficile à mesurer, ce qui n'empêche pas l'éditeur de réitérer avec Windows 7, avec des arguments qui cette fois ci seront plus difficiles à écarter.

Les fonctionnalités supplémentaires de Windows 7 Entreprise : Ces fonctionnalités additionnelles sont au nombre de sept : DirectAccess, BranchCache, Enterprise Search Scopes, BitLocker et BitLocker To Go, AppLocker, VDI et le démarrage à partir d'un fichier VHD.

Sans entrer dans une description détaillée de chacun de ces services, quatre d'entre eux ont le potentiel de devenir incontournables pour un grand nombre d'entreprises.
DirectAccess, utilisé conjointement avec Windows Server 2008 R2, promet d'apporter un accès sécurisé aux données de l'entreprise, indépendamment du fait que le poste de travail soit à l'intérieur ou à l'extérieur du périmètre de sécurité de l'entreprise.

Si l'utilisateur est à l'extérieur de l'entreprise, DirectAccess lance automatiquement une connexion de type VPN, mettant en place un accès bidirectionnel sécurisé de façon transparente pour l'utilisateur.
Cet accès permet au collaborateur d'accéder aux mêmes ressources que celles qu'il utilise en étant dans les murs de l'entreprise, mais permet également aux applications de management de se connecter au poste de travail pour une gestion à distance comprenant l'installation de patches de sécurité si nécessaire.

Concrètement, le déploiement de ce service permet un accès transparent aux ressources de l'entreprise, quel que soit  l'endroit où se situe le collaborateur, ce qui supprime la nécessité de déployer un VPN et rend l'accès en tous lieux plus simple et plus ergonomique pour les utilisateurs.

BitLocker et BitLocker To Go sont des déclinaisons de la  technologie de chiffrement introduite avec Vista. La version Windows 7 et en particulier BitLocker To Go permet de chiffrer tout volume attaché à un portable, et notamment les disques amovibles ou les clés USB, ce qui devrait encore renforcer l'attrait de cette technologie de sécurisation.

Enterprise Search Scopes a pour objet d'intégrer tout site interne ou externe dans les résultats d'une recherche initiée depuis le poste Windows 7. On peut imaginer de paramétrer le moteur de recherche d'un collaborateur en y intégrant ses sites SharePoint habituels, le portail de l'entreprise ou encore un site externe d'une entreprise cliente.

Cette intégration une fois réalisée, toute requête entrée par l'utilisateur donnera un accès automatique aux données de ces ressources externes en complément des résultats présents sur la machine locale.

Compte tenu du succès de SharePoint dans de nombreuses entreprises, il va être difficile de se passer d'une intégration susceptible d'éviter de nombreuses manipulations superflues à la plupart des utilisateurs.

Applocker enfin permet à l'administrateur système de spécifier dans le détail les applications et les versions de ces programmes dont l'usage est autorisé. On pourra par exemple exclure l'installation de toute version d'Acrobat qui ne soit pas au moins au niveau 8 ou bannir tout simplement une application, qu'elle qu'en soit la version des postes de travail.

Le choix des fonctionnalités ci-dessus est forcément subjectif et on pourra objecter que la mise en place d'une infrastructure VDI ou encore que BranchCache sont des fonctionnalités incontournables dans certains environnements, et on aura raison.
L'idée étant ici de montrer que, contrairement à la situation qui prévalait avec Windows XP et beaucoup plus que pour Vista, les entreprises vont se trouver devant une obligation nouvelle qui consiste à souscrire à la SA pour une partie de leurs postes de travails  et notamment leurs portables.

Les nouveaux attraits de MDOP 2009 : Je terminerai en évoquant MDOP (Microsoft Desktop Optimization Pack) 2009, introduit tout récemment, et qui ajoute MED-V (Microsoft  Enterprise Desktop Virtualization) aux composants déjà évoqués.
MED-V est une technologie qui permet de faire s'exécuter une machine virtuelle de façon transparente à l'utilisateur, en ne montrant à ce dernier que les applications qui s'exécutent sur cette machine virtuelle.

L'utilisation de MED-V permettra aux entreprises déployant Vista ou Windows 7 de faire s'exécuter des applications incompatibles avec ces OS en s'appuyant sur des machines virtuelles sous Windows XP ou Windows 2000. L'élégance de la solution tient au fait que ces applications sont intégrées au bureau de l'utilisateur et que celui-ci n'a pas conscience d'avoir deux OS s'exécutant simultanément.

Là encore, l'usage de MED-V suppose de licencier MDOP qui lui-même nécessite une souscription de la SA sur le poste de travail.

Pour toutes les entreprises qui ont déployé Windows XP Professionnel et qui s'en étaient trouvés satisfaites, la réalisation que la migration vers Windows 7 va entraîner non seulement une mise à jour du système mais une souscription annuelle quasi incontournable risque d'être une surprise désagréable.

Quand on interroge Microsoft à ce sujet, la réponse de l'éditeur est que sa stratégie consiste à ajouter de la valeur à la SA.
Ce que Microsoft entend sans doute par cette explication laconique c'est qu'en échange d'avancées dans différents domaines (plus grande productivité avec les search scopes, économies sur les déploiements de VPN avec DirectAccess, meilleure sécurité avec Bitlocker...), l'éditeur percevra une partie de ces avantages sous la forme de revenus annuels récurrents.

Les chemins de migration  vers Windows 7 : Pour les entreprises qui ont déployé ou qui sont en cours de déploiement de Vista, la mise à jour vers Windows 7 devrait représenter une évolution relativement facile, une mise à jour du système étant techniquement possible.

La question sera de savoir si l'entreprise dispose des droits (et donc de la SA) lui permettant d'effectuer cette mise à jour ou bien si elle devra racheter ses licences Windows dans le cas contraire.

Pour la grande majorité des entreprises dont le parc tourne sous Windows XP, la migration va poser la question de la compatibilité des machines avec Windows 7 et notamment de l'adéquation des ressources matérielles avec ce nouvel OS. Il faudra évidemment tester la compatibilité applicative qui devrait être de même nature que sous Vista ; en d'autres termes si les applications de l'entreprise sont compatibles avec Vista elles devraient également l'être avec Windows 7, dito pour les drivers.
Une mise à jour en provenance de Windows XP ne sera pas possible et il faudra donc procéder à une installation complète de Windows 7.

Reste la question des licences. Comme la plupart des entreprises obtiennent leurs licences système en même temps que leurs nouvelles machines, on peut s'attendre à une diffusion progressive de Windows 7.

A noter toutefois que Microsoft vient d'annoncer qu'il sera licite de downgrader Windows 7 vers Windows XP si nécessaire.

Les entreprises dont les postes de travail sont couverts par la SA pourront mettre à jour leurs postes Windows XP ou Vista en déployant la version Enterprise de Windows 7.
Pour les autres, il faudra soit souscrire un contrat Open portant sur l'ensemble du parc, soit souscrire un Enterprise Agreement en choisissant l'option Windows Upgrade, soit encore souscrire à la SA dans les 90 jours qui suivent l'achat de PC installés avec Windows 7 Professionnel.

Microsoft estime que le déploiement de Windows 7 en entreprise s'effectuera plus rapidement que celui de Windows XP. Il avait fallu deux ans pour migrer 10 % des PC en entreprise vers Windows XP et cinq ans pour cette proportion atteigne finalement les 50 %.

Calendrier probable : La position officielle est toujours que Windows 7 sera disponible trois ans après Vista, ce qui laisse à l'éditeur une fenêtre de tir allant jusqu'à Janvier 2010.

Au-delà de la position officielle, compte tenu du niveau de finition de la beta I mise à disposition en Janvier et ayant eu l'occasion de travailler sur différentes compilations intermédiaires qui ont suivi, il me parait difficile d'imaginer qu'il faille encore six mois pour finaliser Windows 7. Selon une fuite (volontaire ?) en provenance de Microsoft, une release candidate devrait être mise à la disposition de tous les testeurs, y compris du grand public, à la fin du mois de Mai.

Microsoft de surcroit prépare des programmes de mise à jour pour les PC achetés à partir de Juillet 2009, ce qui laisse à penser que la date de disponibilité n'est pas plus éloignée que trois mois.

Bref, tout laisse à penser que Windows 7 sera lancé en 2009, la question étant de savoir si le lancement interviendra pour la rentrée ou pour les fêtes de fin d'année. Je pencherai personnellement pour la seconde hypothèse.

L'impact de Windows 7 sur l'avenir de Microsoft : Avec le lancement de Windows 7, Microsoft met en jeu sa crédibilité et sa réputation qui ont tous deux pâtis des déboires de Vista ces dernières années.

Les conséquences de l'échec de Vista ont été jusqu'ici relativement limitées du fait de l'inertie de l'écosystème PC et de l'absence d'une alternative viable à Windows pour le marché grand public comme pour celui de l'entreprise. Les incursions d'Apple restent circonscrites au segment haut de gamme des PC pour le grand public et Linux semble avoir laissé sa chance de représenter une alternative à Windows sur le segment des Netbook.

Un second échec consécutif de Microsoft sur le poste de travail aurait des conséquences autrement plus dommageables pour l'éditeur et Microsoft fera tout ce qui est en son pouvoir éviter un tel scénario et faire oublier au plus vite l'impair représenté par Vista.

Un succès de Windows 7 permettrait à Microsoft de conforter son écosystème plus ou moins ébranlé par les échecs de son chef de file. Les OEM en particulier sont particulièrement dépendants du  succès de Windows 7 pour relancer leurs ventes, notamment sur le marché de l'entreprise. Un succès populaire de Windows 7 dissuaderait certains OEM d'investir dans des offres à base de Linux.

Si, comme Microsoft l'espère, Windows 7 est massivement adopté par les entreprises, ce déploiement entraînera à son tour la mise à jour d'Office dans un grand nombre de comptes mais également le déploiement de Windows Server 2008 R2 (qui devrait être disponible quasi simultanément à Windows 7) et dont les services sont requis pour mettre en œuvre certaines fonctionnalités de Windows 7 comme DirectAccess.

Une adoption massive de Windows 7 aurait également pour conséquence de redonner du lustre à la plateforme Windows et ainsi de relancer le développement d'applications qui exploitent les caractéristiques de cette plateforme comme WPF par exemple, applications natives qui ont fait défaut à Vista.

L'usage d'Internet Explorer pourrait également redécoller, cette version étant intégrée dans Windows 7 par défaut, même si Microsoft a pris soin de rendre désinstallable son navigateur.

Reste à voir la position que prendra la commission européenne à ce sujet. 

Un succès de Windows 7 comparable au lancement de Windows 95 permettrait à Microsoft de se refaire une santé financière (avec notamment les mises à jour de Windows XP), de réaffirmer la proéminence du PC sur les différentes alternatives qui se sont manifestées  et enfin de réaffirmer sa position de leadership dans l'industrie. (Source IT Channel).

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