Microsoft : points forts, Par Stéphane Sabbague, Président et co-fondateur de Calipia

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Publié le : 15/11/2011 vers 10h par :
Gilles SALOMON

Avec le recul de vingt ans d’activité dans l’écosystème Microsoft (dont douze années passées chez l’éditeur),  je me permets aujourd’hui une petite analyse de ce que sont, selon moi, les 10 principaux points forts de Microsoft. Sans complaisance.

1/ Revenus : une formidable machine financière

Peu d’entreprises peuvent se prévaloir de résultats tels que ceux de Microsoft. Une croissance régulière, le plus souvent à deux chiffres et cela depuis la création de la société, il y a maintenant 36 ans. Mais aussi des bénéfices colossaux, qui ne cessent eux aussi de croitre de façon tout aussi régulière.

En un mot Microsoft est une société très profitable et très prévisible financièrement, ce qui est clairement un atout appréciable dans des périodes troublées. De tels résultats sont à mettre au crédit des produits proposés, mais aussi, sans aucun doute, d’un Steve Ballmer aux commandes de la société et de son fidèle collaborateur Kevin Turner qui tient en main l'ensemble des forces de vente de l'éditeur.

Les résultats restent en hausse malgré un marché du PC en baisse (nous l’avons encore vu il y a quelques semaines lors de la publication des résultats trimestriels de l’éditeur). Régulièrement, années après année Microsoft augmente son ratio de $ / PC / an (somme dépensée par les clients en technologies Microsoft par PC et par an) revenu que l'on peut aussi étendre aux Macs avec les technologies Office pour Mac et les différentes CAL (Licences d’Accès Client) associées à l'utilisation des serveurs. Ou encore aux licences Office 365 pour l'ensemble des périphériques.

Ce « $ par PC par an » reste pour Microsoft un élément clé de comparaison de sa rentabilité entre ses différentes filiales en fonction des différents type de clients (des grands comptes jusqu’à la TPE). Ces chiffres d’un point de vue macroscopique sont surveillés depuis toujours, comme le lait sur le feu, par les instances dirigeantes outre- Atlantique.

Petit à petit, ce ratio se transforme pour devenir un « $ par utilisateur et par an » qui reflète mieux la tendance actuelle privilégiant les services. On le voit avec les offres Kiosk d’Office 365 par exemple, un utilisateur ne dispose pas forcément d’un PC. Ceci étend donc la base de calcul pour l’éditeur, mais le ratio moyen devra alors inexorablement baisser. Une révolution pour le géant de Redmond.

2/ Windows, Windows, Windows

S’il est un succès qui au fil des ans ne se dément pas c’est bien celui de Windows. Il y a certes eu quelques échecs : les premières versions du système avaient une diffusion confidentielle, on se souvient aussi de la version Millenium (Windows ME), ou plus récemment de Vista. Mais Windows a su se réinventer en permanence pour maintenir sa position de leader sur le marché, position que l’on mesure principalement sur deux critères :

- La capacité à attirer les développeurs et donc les applications et donc au final les utilisateurs. Et au delà des seuls développeurs tout l’écosystème (Hardware, SSII, Formations, etc.).
- Les revenus directs et indirects générés par le système.
Avec un chiffre d’affaire de 19 milliards de dollars et surtout un bénéfice de plus de 12 milliards lors du dernier exercice fiscal de l’éditeur, Windows, fort du succès de sa version 7, reste une formidable vache à lait pour Microsoft, lui permettant d’investir dans d’autres activités moins rentables (nous en reparlerons). Les enjeux de la version 8 seront importants, voire primordiaux pour maintenir cette position, c’est ce que Pierre Bugnon évoquait dans la précédente Lettre Calipia.

3/ Les technologies de développement

Les outils de développement sont rappelons-le à l’origine de Microsoft. Le premier produit vendu par la firme fut BASIC, ce fut ensuite d’autres langages de développement tels que des compilateurs Fortran ou Cobol ! Le premier système d’exploitation est arrivé plus tard avec une version d’Unix (Xenix), puis l’incontournable MS-DOS. Les développeurs furent ainsi les premiers clients de l’éditeur, et en interne ses employés les plus choyés (Bill Gates avait coutume de dire que les développeurs étaient les seules « machines outils » de l’entreprise, représentant tout l’actif de la société, avec tellement plus de valeur que les locaux !).
Malgré les tempêtes que furent l’arrivée de Java par exemple (au tout début des années 2000), ou la mainmise de PHP sur le développement Web « de masse », Microsoft a toujours su réagir (avec Dot Net par exemple début 2000) et proposer de très bonnes alternatives, intégrant souvent les technologies de la concurrence.

L’éditeur le sait, la communauté des développeurs est le dernier carré à ne jamais perdre pour continuer d’asseoir sa stratégie système et applicative. Un bel exemple en est donné actuellement avec le virage HTML 5 tous azimuts de la société, même si au passage cela signifie pour elle de manger son chapeau Silverlight.

Le futur des interfaces clients s’écrit en HTML 5 donc Microsoft doit devenir le leader des interfaces HTML 5 (c’est tout au moins son objectif !), en commençant par le navigateur, Windows (avec la version 8) mais aussi et surtout les outils de développements ! C’est tout le sens des dernières annonces lors de la conférence « Build » du mois de septembre 2011.

4/ La stratégie Xbox

Après des débuts assez difficiles, ou plus exactement, consommateurs de ressources financières, la Xbox s’est taillée une belle part de marché. Mais plus encore, la croissance de sa plateforme en ligne « Xbox live » (plus de 35 millions de comptes utilisateurs à ce jour) et de ses abonnements (payants) préfigure bien de la consommation de services à venir.

Tout ce qui doit être le New Microsoft y est : consumérisation et services Cloud ! Un modèle à suivre pour le reste de la société. Ajoutez à cela le succès sans précédent de la Kinect, des possibilités de développement de cette interface (la reconnaissance vocale vient d’arriver) et vous avez en perspective un excellent moteur de revenus pour les prochaines années. Certes, Microsoft n’est pas à l’origine de Kinect, mais quel flair d’en avoir pris une licence au nez et à la barbe d’Apple ! Et surtout d’avoir imaginé de tels développements.

Dans un environnement du jeu ou les géants du secteur que sont Sony et Nintendo sont à la peine (voir leurs derniers résultats financiers), Microsoft s’en sort vraiment très bien. (Evolution du Chiffre d’Affaires et Résultat en millions de $ de la division Games de Microsoft)

5/ Les technologies serveurs

Années après années, les technologies serveurs ont su prendre une part importante dans le dispositif Microsoft. Windows Server a terrassé Netware et s’est installé durablement dans les entreprises, facilitant l’adoption des autres technologies de l’éditeur. L’omniprésence de l’annuaire Active Directory en est sans aucun doute l’illustration la plus concrète.

Ces technologies d’infrastructure (mais aussi de gestion des données) représentent aujourd’hui un chiffre d’affaire (en forte croissance) de plus de 17 milliards de dollars et un bénéfice de plus de 6,5 milliards. La suprématie de Windows Server n’est certes pas totale, en particuliers sur le segment des serveurs Web et du simple partage de fichiers, mais Microsoft met tout en oeuvre pour augmenter les nouveaux usages à plus forte valeur ajoutée, mettre en avant le collaboratif ou encore la gestion de version et bien sûr la virtualisation « intégrée ». D’un autre coté les offres d’administration de systèmes ne cessent de gagner en profondeur et fonctionnalités.

Coté base de données, la société n’est pas en reste avec son produit phare SQL Server qui gagne lui aussi de plus en plus de parts de marchés et de fonctionnalités (en particulier autour de la Business Intelligence, du Cloud, et du « Big Data ») dans un environnement encore très fortement dominé par Oracle en France par exemple.

6/ Cloud tous azimuts : IaaS, PaaS, SaaS

Microsoft a été parmi les premières sociétés à investir et croire dans le Cloud, mais plutôt sur l’aspect grand public, avec des technologies telles que Hotmail (plus de 450 millions d’utilisateurs), Messenger ou encore Windows Live (ex Passport). C’est donc finalement assez naturellement que la société s’est engagée massivement vers le Cloud pour les professionnels.

Mais plus qu’un pari technologique, c’est un pari sur le « business model » que prend la société avec ce virage vers le cloud. Un pari capital. L’éditeur n’hésite pas à mettre toutes ses forces dans la bataille. Les premiers résultats de son offre SaaS (BPOS puis Office 365) font plus que bonne figure face à la concurrence, elle est en passe de se tailler la part du lion sur le marché. De quoi garder sa position de leader face à un Google de plus en plus menaçant, sans trop rogner sur ses marges. Un bel exercice d’équilibriste que le géant doit réussir aussi bien du coté technologique que sur l’aspect commercial avec ses nouveaux programmes d’achats au demeurant assez complexes (voir les évolutions récentes du contrat Accord Entreprise pour intégrer ces offres online par exemple).

7/ L’audace

Microsoft ne manque parfois pas d’audace. Que l’on aime ou l’on déteste la société, il faut au moins lui reconnaître qu’elle ne dort pas trop sur ses lauriers. Quelle audace de modifier en grande partie l’interface de son produit phare qu’est Office, alors même que ce dernier représentait plus de 30% de son chiffre d’affaire et 45 % de ses bénéfices ! C’est pourtant ce qu’a réalisé Microsoft avec Office 2007 et son « Ruban ». Le risque était de dérouter les utilisateurs et de mettre à mal le renouvellement de la suite bureautique chez les clients. Ce risque, l’éditeur l’a pesé et assumé. Le résultat a été positif, avec à la clé un renouvellement accéléré de la bureautique chez ses clients.
Ce n’est ni plus ni moins le même exercice que tente actuellement l’éditeur avec Windows et la refonte de l’interface avec Métro.

8/ La ténacité

La ténacité, Microsoft n’en manque pas, s’il fallait prendre un seul exemple, ce serait bien celui de la console Xbox qui a fini par percer alors que sa division commerciale était dans le rouge depuis des années. Après une augmentation des pertes de 2001 à 2007 (elles avaient atteint 1,9 milliards de dollars en 2007) la tendance s’est inversée depuis 2008 pour permettre à la société de réaliser plus de 1,3 milliards de dollars de bénéfices lors du dernier exercice fiscal.

C’est la même ténacité (le même acharnement diront certains) qui est encore aujourd'hui à l'oeuvre avec l'entité Online de Microsoft et Bing en particulier. Contre vents et marées l'éditeur continue d'investir, malgré les revers, et surtout la position toujours plus dominante de Google…

9/ L’agilité

Microsoft est un géant de 94 000 personnes. C’est néanmoins une société qui n’hésite pas à se remettre en cause en réorientant rapidement ses priorités. Force est de constater que cela marche et se fait assez rapidement, un miracle quand on connaît le poids de l’organisation et le poids croissant des processus.

L’agilité est dans les gènes de Microsoft. Couplée à une analyse permanente des menaces qui frise la paranoïa. « Seules les sociétés paranoïaques survivent », Microsoft a fait sienne la devise du fondateur d’Intel, Andy Grove. Souvent l’éditeur n’était pas un visionnaire et s’est engagé dans de mauvaises directions.

Les exemples sont nombreux : souvenons-nous de l’arrivée d’Internet et des navigateurs. Si Bill Gates n’avait pas vu venir cette révolution, tout occupé à construire son propre réseau privé MSN (pour « The Microsoft Network») basé sur des technologies propriétaires (pas question à l’époque – nous sommes en 1996 – de HTML), il a su prendre des décisions à 180° et y faire adhérer toute la société pour lancer le fameux « Embrace and Extend » qui donna naissance à Internet Explorer, IIS, etc. Avec le Cloud, puis la Consumérisation l’agilité de l’éditeur est mise à rude épreuve actuellement.

10/ Le modèle partenaires

Il est toujours facile de critiquer le comportement de Microsoft envers ses partenaires, souvent plus exigeant envers qu’avec lui-même, parfois même arrogant. Mais néanmoins, contre vents et marées, ce modèle indirecte perdure, depuis les premiers jours de la société (ou seul le modèle OEM existait).

Malgré les virages technologiques de la société (comme récemment avec le Cloud) les partenaires sont toujours une composante très importante pour Microsoft. C’est très loin d’être parfait, mais force est de constater, que ses principaux concurrents (qui ont le vent en poupe) Apple, Google en tête, n’ont pas de machine équivalente (on peut se demander s’ils ont le souci d’en avoir une, mais c’est un autre débat), pour relayer et démultiplier leurs offres commerciales respectives. Nouvel épisode en date, le partenariat avec Nokia qui est sans aucun doute une très bonne opération pour Microsoft, sans prévaloir du succès ou non qu'auront ces téléphones. (Source Indo DSI)

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